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Avril en dix disques : M.I.A., Honey Dijon, Earl Sweatshirt et MIKE

Retour de M.I.A., house de Chicago avec Honey Dijon, double album d'Earl Sweatshirt et MIKE : le mois d'avril 2026 a été d'une densité rare, tous genres confondus.

Pile de pochettes de disques colorées sur une table de studio, casque audio posé à côté

Certains mois, l’actualité musicale ressemble à un robinet qui goutte. Avril 2026 a été l’inverse : un torrent, avec des sorties fortes dans à peu près tous les genres. Sélection subjective de ce qu’il fallait retenir, l’oreille sur la presse spécialisée.

M.I.A. revient avec M.I.7

L’événement pop mondiale du mois s’appelle M.I.7, septième album de M.I.A. L’artiste britannico-sri-lankaise y poursuit son grand mélange d’électronique et de musiques urbaines, traversé cette fois par des questionnements spirituels assumés. On peut adorer ou détester, mais quinze ans après Paper Planes, personne d’autre ne sonne comme elle.

Honey Dijon fait entrer le club dans le salon

Côté musiques électroniques, The Nightlife de Honey Dijon est la sortie qui fait consensus. L’icône house de Chicago y déroule un album collaboratif qui sent la sueur des clubs et la grande tradition de sa ville. À l’heure où la house redevient l’un des sons dominants des dancefloors et des plateformes, ce disque tombe à point nommé.

Earl Sweatshirt et MIKE, le sommet rap du mois

Le rap indépendant américain tient son monument du printemps : POMPEI/UTILITY, double album commun d’Earl Sweatshirt et MIKE, produit par le collectif SURF GANG. Deux des plumes les plus respectées du rap abstrait sur une production d’avant-garde : le genre de disque dont on reparle en fin d’année dans les classements.

La sélection rapide

Le reste du mois mérite mieux qu’une note de bas de page :

  • Friko confirme avec Something Worth Waiting For, deuxième album d’un groupe de Chicago qui marie rock et power pop avec une fougue rare.
  • Frànçois & The Atlas Mountains publie Halage, disque d’indie française à invités multiples, élégant et aventureux.
  • Mamas Gun ressuscite la soul des années 60 sur DIG!, sixième album du quintet britannique.
  • Fauna, collectif suédois de huit musiciens, signe avec Taiga Trans un krautrock psychédélique aux teintes orientales fascinant.
  • Angelo De Augustine livre une folk de guérison sur Angel in Plainclothes.
  • Wendy Eisenberg déconstruit le folk-country sur un album éponyme exigeant.
  • Rubin Steiner pose la question du mois avec What Would Brian Eno Have Done?, escapade instrumentale nourrie de collaborations théâtrales.

Ce que ce mois dit de 2026

Aucun de ces albums ne se ressemble, et c’est exactement le point. Le marché a beau se concentrer sur le streaming, la création, elle, n’a jamais été aussi éclatée et vivante. Pour les artistes qui sortent un disque cette année, la barre est haute : dans un mois pareil, exister demande une identité forte, sonore et visuelle. Les albums qu’on retient sont ceux qu’on reconnaît en une seconde, à l’oreille comme à l’œil.

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